Retards de paiement en 2025, ce que dit le rapport de l'Observatoire

13,4 jours de retard moyen, 13 milliards d'euros de trésorerie qui manquent aux PME, des hôpitaux à 70 jours. Les chiffres du rapport 2025, métier par métier.

Trésorerie · · 4 min de lecture

Le 24 septembre 2026, la Banque de France a publié le rapport 2025 de l'Observatoire des délais de paiement. C'est le document de référence sur la façon dont les entreprises, l'État et les hôpitaux règlent leurs factures. Nous l'avons lu pour vous, avec une seule question en tête : qu'est-ce que ça change pour une entreprise qui facture d'autres entreprises ?

13,4 jours de retard en moyenne

Le chiffre central est celui-ci : fin 2025, le retard moyen de paiement atteint 13,4 jours en France. Il recule un peu par rapport à décembre 2024, mais reste au-dessus de son niveau moyen de long terme, de 12,2 jours, et au-dessus de la moyenne européenne, de 13,3 jours.

Au printemps 2025, pour la première fois, le retard français a même dépassé celui de l'Europe : 14,1 jours contre 14,0. La France, longtemps meilleure élève, ne l'est plus.

Un retard moyen de deux semaines cache des écarts énormes. Une partie des entreprises paie à l'heure ; d'autres paient avec un ou deux mois de retard. Selon Altares, qui mesure les comportements de paiement des entreprises, 47 % des entreprises françaises payaient sans retard au dernier trimestre 2025, et 8,6 % avec plus de trente jours de retard.

13 milliards d'euros qui manquent aux PME

Le rapport chiffre ce que ces retards coûtent. En 2024, sans paiements au-delà des délais légaux, les PME et les microentreprises « auraient disposé de 13 milliards d'euros de trésorerie supplémentaire » : 9 milliards pour les PME, 4 milliards pour les microentreprises.

Les plus mauvais payeurs ne sont pas les petits. Moins d'une grande entreprise sur deux respecte le délai de 60 jours : les retards descendent la chaîne, du grand donneur d'ordre vers la PME qui travaille pour lui.

Qui paie le plus tard

Les mesures d'Altares détaillent, secteur par secteur, le retard avec lequel les entreprises paient leurs propres fournisseurs, au dernier trimestre 2025.

  • Services aux entreprises : 18,4 jours, l'un des niveaux les plus élevés.
  • Transport et logistique : 16 jours.
  • Commerce : 12,3 jours.
  • Industrie : 11,2 jours.
  • Construction : 10,8 jours.

Ce classement dit qui paie tard, pas qui est payé tard. Il se lit donc du côté de vos clients : si vous travaillez pour des entreprises de services ou de transport, elles font partie de celles qui règlent le plus tard. Et un artisan payé par un promoteur ou un syndic subit les délais de ses donneurs d'ordre, pas ceux de son propre secteur.

Et les acheteurs publics

Le rapport suit aussi l'État, les collectivités et les hôpitaux, qui ont leurs propres délais.

  • L'État paie en 15,9 jours en moyenne en 2025, contre 14,1 jours en 2024.
  • Les collectivités de métropole paient en 18,9 jours, mais 15 % d'entre elles dépassent les 30 jours permis.
  • Les hôpitaux publics paient en 70,2 jours en métropole et 71,3 jours sur tout le territoire, pour un délai permis de 50 jours. Le rapport parle d'une « nouvelle dégradation préoccupante ».

Si vous fournissez des hôpitaux, vous l'avez sans doute constaté. Ce que beaucoup de fournisseurs ignorent, c'est que ce retard leur ouvre droit à des pénalités, calculées à un taux fixé par le code de la commande publique. Nous y revenons dans un article dédié.

Ce que deux semaines de retard valent

Un retard moyen de 13 jours paraît anodin. Il ne l'est pas, parce que la loi y attache deux sommes, dues de plein droit entre professionnels.

  • Des pénalités de retard, au taux de la BCE majoré de dix points, soit 12,40 % par an ce semestre (article L441-10 II du code de commerce).
  • Une indemnité forfaitaire de 40 € par facture payée en retard (article D441-5 du code de commerce, version en vigueur depuis le 27 février 2021 [décret n° 2021-211, art. 3]).

Prenons une facture d'exemple de 4 800 €, attendue le 30 juin et payée le 14 juillet, soit deux semaines plus tard.

Une facture de 4 800 €, échue le 30 juin 2026Ce qu’elle vaut le 14 juillet 2026, sans aucun paiement entre-temps.
  • Pénalités, 1er semestre 20264 800,00 € × 12,15 % × 1 j ÷ 3651,60 €
  • Pénalités, 2e semestre 20264 800,00 € × 12,40 % × 13 j ÷ 36521,20 €
  • Frais de recouvrement, forfait par facture40,00 €
  • Total dû au 14 juillet 20264 862,80 €
  • Montant de la facture
  • Pénalités de retard
  • Frais de recouvrement
Calculé par le moteur de Letikette, sur une base de 365 jours. Chaque ligne se refait à la calculatrice : montant × taux × jours ÷ 365. Les jours se comptent de l’échéance incluse à la date d’arrêté exclue : le même total que du lendemain de l’échéance à l’arrêté inclus.

Sur un retard court, les pénalités font quelques euros. Les frais de recouvrement, eux, valent 40 € dès le premier jour. Multipliés par le nombre de factures payées en retard dans l'année, ils deviennent une somme qui compte.

Ce que fait Letikette

Letikette lit vos factures et vos règlements, repère celles qui ont été payées en retard, même soldées depuis, et calcule pour chacune les pénalités et les frais de recouvrement, au centime. Vous voyez ce que vos clients vous doivent, et vous décidez de ce que vous réclamez.


Cet article présente des données publiques et des règles générales. Il ne constitue pas un conseil juridique : la décision d'agir, et la manière de le faire, restent les vôtres.

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